Mes fausses couches

par | 16 Juin 2018 | Maternage proximal

Hier, j’ai discuté avec une maman de l’école de mes filles, qui m’a annoncé qu’elle avait fait une fausse couche. Cela m’a renvoyé à ma propre histoire puisque j’ai fait deux fausses couches.

Mes fausses couches, mon histoire

Notre fille aînée avait 8 mois quand je suis tombée enceinte une deuxième fois. Ce n’était pas prévu et la nouvelle fut perturbante. Quand on apprend une grossesse surprise, c’est assez déroutant. Tout va très vite dans notre tête. A ce moment-là, je me disais que notre fille était trop petite, qu’il y aurait trop peu d’écart, que nous n’avions pas eu le temps de profiter de notre première fille. Et puis, à force d’en discuter avec mon mari, tout devenait concret. Les jours passaient et nous nous projetions. Nous nous étions lancés à la recherche d’un prénom. Oui, je sais, c’était très rapide. Mais c’était peut-être notre façon à nous d’investir ce petit être.

Un jour, les saignements sont arrivés

Il y en a qui ne trompent pas. Et là, les rêves nouveaux s’effondrent. Les examens et rendez-vous médicaux se précipitent pour finalement entendre qu’il s’agit d’une fausse couche précoce. Bébé est parti. Alors là, c’est culpabilité à fond. J’étais persuadée que le fait d’avoir était perdue et surprise par cette grossesse, avait fait que la nature me le reprenait. Que si j’avais été enjouée dès le départ, il aurait tenu. Qu’il aurait pu grandir à l’intérieur de moi. Que s’il était parti, c’était parce que je ne l’avais pas voulu. Des questions arrivent dans toutes les sens, des « Et si… » hantaient mes pensées. Et puis, tu essayes de relativiser, de te dire que les choses n’arrivent pas par hasard, que ce n’était peut-être pas le bon moment pour nous.

Une deuxième fausse couche

Les mois ont passé. Notre fille aînée a grandi. Et nous avons pris la décision de lui offrir une petite sœur ou un petit frère. Et là, ce fut très rapide. Nous avons eu la chance de ne pas galérer pour que je tombe enceinte. Oui mais … Mais voilà une deuxième fausse couche allait arriver. Des douleurs au ventre, des saignements et de nouveau des rendez-vous chez la gynécologue. Le diagnostic, je le connaissais avant même qu’elle me parle. Une nouvelle fausse couche. Je ne pensais pas y avoir droit une seconde fois. Ce fut le choc. Et quasiment 2 jours passés allongé sur le ventre, pliée de douleur physique et psychique. Car ça fait mal de perdre son bébé. La fausse couche, même précoce n’est pas anodine. Et quand tu perds tout ce sang, tu te dis que c’est ton bébé qui part… C’est vraiment horrible à vivre.

Prendre le temps d’accueillir une nouvelle grossesse

Et puis, il faut attendre et laisser passer du temps avant d’essayer à nouveau. Pour être sûr que le corps soit prêt à accueillir un nouvel enfant. Alors tu te demandes si tu y arriveras à nouveau, si ton corps pourra permettre à un embryon de rester pendant 9 mois ou pas. Et puis, chaque nouvelle grossesse devient stressante. Les premières semaines, ne sont pas vécues sereinement car je me demandais tout le temps si cette fois c’était bon ou pas. Une fois la nouvelle grossesse (de petite sœur) démarrée, j’ai vu les jours et les semaines passer. Et tout allait bien. Alors petit à petit, j’ai appris à faire confiance à mon corps, j’ai compris que ce n’était pas de ma faute.

Je me suis aussi rendue compte, que c’était plus fréquent que ce que je pensais. Plusieurs de mes amies ont elles aussi vécu des fausses couches. Partager son expérience, son vécu, son ressenti, sa souffrance, cette déchirure est vraiment important. Pour se sentir comprise, pour se sentir soutenue et pour se déculpabiliser. Pour devenir plus forte et continuer d’avancer, car c’est aussi ça être maman.

Crédit photo : pexels.com / © Liza Summer

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